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Récit fictionnel #8

C’est aujourd’hui, enfin. J’attends depuis des mois ce rendez-vous qui déterminera ou non le lancement de ma carrière d’écrivain. J’espère vraiment qu’ils ont aimé mon manuscrit. J’y ai mis toute mon énergie depuis deux ans maintenant. J’espère donc que mes efforts n’auront pas été vains.

Il est près de neuf heures quarante et je n’ai rendez-vous avec l’éditeur et son assistant qu’à dix heures. Je peine à me souvenir de la dernière fois où j’ai stressé de cette manière. Je reprends mes notes, tout est écrit en bas de casse, comme ça me semble brouillon ! Mais c’est mon livre, je sais ce que j’ai à dire. Tout va bien se passer.

Pour me distraire un peu, je jette un coup d’œil aux vitrines qui m’entourent, grandes, impressionnantes et pleines de dizaines de livres. Un ouvrage en particulier attire mon attention, il est au format leporello et déplié presque dans sa totalité. Il s’agit certainement d’un tirage de tête, étant donné la qualité du papier et de l’écriture que je perçois. J’aperçois un autre livre, une réédition des Misérables de Victor Hugo, mon auteur préféré. La vitrine est entrouverte alors je m’en saisis. Il s’agit d’un magnifique exemplaire, avec une couverture extrêmement travaillée et raffinée. On peut sentir tout le travail du dos carré-collé qui en fait un ouvrage particulièrement résistant au temps et au toucher. Sur la belle page est inscrit le titre, en lettres capitales et dans une écriture très fine.

À peine ai-je le temps de retourner l’ouvrage pour en admirer la quatrième de couverture que la porte du bureau s’ouvre et qu’un homme d’une cinquantaine d’année m’invite à y entrer. Je repose le livre que je tiens, souffle et me lève pour le rejoindre. C’est parti !

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